De très nombreuses traditions, les monuments les
plus anciens et les plus divers de l’architecture sacrée attestent que les
territoires, temples, villes sacrées, copient des archétypes célestes
(monastère de Samyé au Tibet), et que la création du monde a commencé par un
centre. Et le symbolisme créationnel se rattache essentiellement à l’archétype
du passage rituel du centre au cercle, puis du cercle au carré. G. de Champeaux, Le monde des symboles,
Art roman.
En
sanskrit, mandala signifie « centre » et « cercle
magique ». Dans son développement pratique, il devient lui aussi une
représentation d’une cosmogonie. Cette représentation est même double :
extérieure, collective, rituelle d’une image de la destinée et du monde ;
intérieure, celle du microcosme, développée par les traditions
alchimiques et spirituelles d’Orient et d’Occident : Le mandala
correspond à la nature microcosmique de l’âme. Or l’âme est à Dieu ce
que l’œil est au soleil. (C.G. Jung)
L’iconographie orientale (particulièrement celle du bouddhisme tibétain,
grand producteur de mandala) révèle une parenté étonnante avec des
représentations occidentales, en particulier chrétiennes du Moyen-Âge : C’est
la cité céleste de l’Apocalypse qui est conçue sous la forme d’un mandala,
tout comme le jardin d’Eden. Or le mandala est un symbole de l’individuation.
C’est le symbole du Soi sur lequel sont alignés non seulement le moi isolé,
mais encore avec lui beaucoup d’êtres aux dispositions identiques ou liées par
le destin. (C.G. Jung)
Il
appartient donc au vocabulaire de la cosmographie, comme le manuscrit de l’Apocalypse
de St Amand où l’on voit clairement la constante aspiration de la
matière à se laisser transfigurer par l’esprit. (G. de Champeaux)
JPT, préface à l’exposition (extrait), Paris 1996.